Hôtesse
d'accueil... Un emploi qui semble simple, relax, et qui demande peu
d'aptitudes... Mon oeil oui !
Au fil
du temps, je me rend bien compte de la difficulté de ce métier, et
surtout de ce que j'attend des autres, et surtout des personnes qui
travaillent avec moi. J'ai dernièrement parlé des nombreux
changements qui ont eu lieu à l'accueil...
Hé
bien, ce n'était pas fameux du tout ! Je me suis retrouvée avec une
jeune poulette de 21 ans, totalement écervelée, ma pire crainte...
De bonne volonté mais ce fut là la seule qualité que j'ai bien put
lui trouver...
comment
vous décrire et vous faire comprendre au mieux ce qui fut pour moi
deux semaines d'enfer... Enfin j'exagère, enfer, c'est un peu
grandiloquent, mais disons que c'était plutôt épique... Décrivons
le phénomène que j'ai pu observer ces derniers temps
:
Jeune,
un peu gourde, image même de la jeune fille qui s'intéresse peu à
ce qui se passe dans les vrais livres mais a la capacité de
discourir pendant plus de trois minutes sur les frasques de Pete
Doherty, n'ayant pas le sens de ce qu'est l'argent : acheter un sac
à 400 euros ? Ouais pourquoi pas ! Youhou c'est la fête du slip !
Un peu vulgaire, niveau de langue pas possible, incapable d'aligner
plus de deux mots en anglais (je précise que la moitié de nos
clients parlent anglais ?) ...
Bien
sur pipelette comme pas deux, elle m'a raconté très rapidement sa
vie, m'expliquant qu'elle venait d'emmènager avec son petit ami,
bien sur jaloux, bien sur lui interdissant de sortir (pourquoi on
me raconte ça à moi ?), et que venant de quitter le giron maternel,
chez qui elle bénéficiait de tout le confort moderne, elle ne
pouvait s'imaginer ne pas avoir la même chose dans son nouvel
intérieur ! (syndrome du " je veux tout tout de suite sinon je me
roule par terre ! ").
Voilà
donc notre jeune fille, venant de se lancer dans la vie active,
doté d'un petit ami jaloux comme un pou (et moche comme un pou),
s'activant telle une petite fourmi laborieuse à la recherche du
parfait canapé (de mauvais goût), qui pourrait aller dans son
living (froid parce que, chez Maman, il faisait toujours 25°),
passant des heures entières l'oreille collée au combiné pour narrer
ses incroyables aventures à travers les diverses enseignes
d'ameublement, bien sur, oh oui bien sur au détriment du standard,
et laissant en plan tout les appels, parce que ben oui, je suis là
moi donc, ben je peux bien le faire, c'est mon job après tout
!
Bon, je
suis injuste elle est un peu jeune, et un peu dinde. Voir beaucoup
dinde. Et avoir la vice présidente en ligne, et vous demandant s'il
est possible d'apprendre à la nouvelle recrue le langage soutenu,
c'est une peu l'angoisse. Disons, pour caricaturer, qu'elle faisait
un peu poissonière (pardon à tout mes lecteurs poissonniers)...
Enfin... Comment dire, sans vouloir passer pour une sale petite
parisienne élitiste et snobinarde... Vous voyez la petite jeune
fille à la boulangerie qui vous tend vos miches, en gloussant, et
qui est tellement aimable, voir trop, que vous avez envie de la
frapper avec une baguette tradition ?
La
petite cocotte des romans de Zola quoi... Hé ben, voilà, c'est
celle là dont je vous parle, celle qui parle un peu "caillera",
tout en essayant de parler correct la france... Elle rêve de
rideau, de fausse fourrure devant sa fausse cheminée en stuc, tout
en pensant regarder un magazine culturelle lorsqu'elle regarde 100
% Mag (vous admettrez tout de même que ça ne vaut pas Envoyés
Spécials !), adulte à peine sortie de l'enfance, à la caboche un
peu creuse, mais pleine d'une forme de bon sens, et assez maline
pour retomber sur ces pattes...
Donc,
cette jeune fille, incapable de gérer les priorités, ne maîtrisant
pas la langue anglaise, peu réactive, un peu trop jeune et
considérant le standard comme un lieu récréatif où rien n'a de
conséquences graves (oui bon en un sens...), bref, cette hôtesse
pas si pro, je l'ai fait viré. Enfin j'ai demandé à ce qu'elle
parte. Hé oui, je ne pouvais pas continuer à travailler avec une
jeune fille, qui il faut bien le dire, était plutôt focalisée sur
son nombril.
J'ai
presque culpabilisé. Presque, et puis j'ai réalisé que j'avais le
droit de travailler dans une ambiance correcte, avec des filles
compétentes et pas bêtes et j'ai fait en sorte que cela change. Je
deviens exigeante avec le temps, mais j'estime que j'ai le droit,
non ? Pour la petite histoire, la jeune fille en question s'est
fait virer trois fois en deux mois... Quand même ! Et celle ci n'a
même pas l'intelligence de se remettre en question....
Alors
oui, impitoyable mais j'exige du bien, du bon, de l'intelligence
!