Force est de constater, qu'il existe autour de moi deux types de femmes. Les célibataires, et les autres.
Les autres ? Les mères, les femmes accomplies, qui ont donné la vie, apporté leurs contributions au repeuplement de notre monde dévasté.
Je vous entend déjà hurler, femmes de tout bords, de tout horizons, que l'on reste femme avant tout, et que la vie d'executive woman n'est pas incompatible avec la vie de maman.
Cependant, vous ne pouvez pas nier, mères, qu'une fois passées de l'autre côté du miroir, les choses ne sont plus les mêmes.
Je me suis posée la question, comment réagir, sans pour autant être en mal d'enfants, lorsque tout le monde autour de vous se reproduit ? Comment gérer la vie en solo, et la pression de la société qui veut que vous vous posiez et ayez des enfants ? Etre mère, cela change la donne ? Au fond, oui.
Je fis ce constat en prenant l'apéro avec une amie, ancienne collègue, qui aimait partager avec moi les ragots, des verres de vin, et des histoires de cul/coeur foireuses.
Je voyais bien que je l'avais perdu, elle, enceinte jusqu'aux yeux, écoutant avec politesses mes petites histoires, alors que son esprit était ailleurs, perdu dans l'immensité glorieuse de la marternité à venir...
Pendant que je déblaterais sur mes rencontres hasardeuses, sur la fatigue générée par des gens usants, je la savais centrée sur son ventre, et heureuse de pouvoir en placer une, pour me parler de ses chevilles pas trop enflées, et du produit miracle qui empêche les vergétures de pousser.
Et de me dire, que, une fois devenue mère, la vie n'est plus la même, que ce sont des vétilles que les histoires foireuses, quand on a d'autres problèmes à régler, et des coliques à gérer.
Je ne dis pas que, devenir mère, c'est un sacerdoce. Encore que... Mais, et vous ne pourrez pas me dire le contraire, il est d'autant plus difficile de vous dissocier de vos enfants, parce que, au fond, la vie, ce n'est plus les sorties, les fringues à avoir, la carrière ( je vous entend me huer ), mais la Vie avec un grand V, vos petits, la chair de votre chair...
Et pendant que je mène la vie dissolue d'une femme seule à Paris, libre de mes mouvements, sans engagements aucuns, pas de couches à changer, de goûter à préparer, de lacets à faire, de nez à moucher, vous vous attelez à la tâche, braves, solides (enfin pas tout les jours), et moi je vogue, tel l'albatros, libre dans l'azur, libre d'aller me faire cuire un oeuf, parce que, je n'ai que ça dans mon frigo.
Je suis peut-être un peu injuste, il est vrai qu'avoir des enfants n'entrave pas la liberté, elle la freine peut-être un peu, mais on peut mener de front une carrière, une vie de Femme, rester séduisante, ouverte au monde...
Je dis juste que les premières années, mes amies du sexe dit faible, on peut être un peu plus de mal à tout concilier, on s'oublie parfois, on se laisser aller, et voir même, on se sent prête à embrasser une carrière de femme au foyer.
Et quoi de mal à ça au fond ? Je ne vous jetterais pas la pierre, j'ai adoré avoir ma maman pour moi, lorsque je rentrais de l'école, ou encore de manger les petits plats mitonnés avec amour, le midi...
Mais je me dois bien de défendre mon bout de gras, moi célibataire, pas loin d'être endurcie, n'ayant pas même à l'horizon, un espoir de nidification, et me devant donc, de vous mettre en avant, ce que j'ai pour moi... Et ne pas céder à la panique, face à la pression extérieure.
Mon égoïsme donc, ma soif inextinguible des soirées sans fins, les balades dans les parcs, sans être chargée comme une mule (vous savez bien, sac à couches-poussettes-maris), les cinémas d'auteurs, les sushis, les week-end n'importe où... La liberté, ou ce que je l'entend être, pour l'instant.
Enfin, je dis ça, mais moi aussi j'y viendrais, au ventre gonflé, aux remontées acides, aux constipations, aux bobos sur les genoux, parce que au fond, même si pour le moment, je me sens d'un autre monde, et que, la carrière de "succes woman", je m'en fout, moi aussi j'y arriverais, au monde de la maternité...
Du moins, je l'espère, et déjà, c'est un bon pas, je commence à assumer d'avoir envie, un jour, finalement, d'être une mère parmi tant d'autres... Et femme avant tout !





domguyanais
lun 25 mai 2009 01:05